Pauling

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LINUS PAULING

Prix Nobel de chimie et prix Nobel de la paix.

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Ne laissez jamais les autorités médicales ou les politiciens vous tromper.

Constatez les faits et décidez vous-mêmes comment vivre une vie heureuse et comment édifier un monde meilleur. »

Linus Pauling deux fois prix Nobel.

Extrait du livre de Pierre Lance (avec son autorisation) :

« Savants maudits, chercheurs exclus », Tome 2 – Guy Trédaniel Editeur.

          On pourra s’étonner de me voir ranger parmi les « savants maudits » un illustre scientifique titulaire de deux Prix Nobel et qui est considéré par toute la planète comme un homme de génie. Je le fais pourtant, parce que Linus Pauling tomba en disgrâce dès qu’il prétendit démontrer que, si elle était judicieusement employée, la Vitamine C était capable de tenir en échec toutes les maladies dégénératives, y compris le cancer.

          Ce fut immédiatement un tollé général ! Et tous ceux qui, la veille encore, l’encensaient de façon dithyrambique, ne tarirent plus de sarcasmes à son égard, insinuant en termes à peine voilés qu’il avait perdu la tête et qu’il était atteint de gâtisme ou de sénilité précoce. Seront seuls surpris de ce retournement rapide ceux qui n’ont pas encore compris que la maladie est aujourd’hui le plus juteux filon planétaire, de loin supérieur aux mines de diamant et aux puits de pétrole, et qu’il fait vivre confortablement des millions de gens des professions médicales et pharmaceutiques. Si vous dites à ces personnes, comme Linus Pauling eut la témérité de le faire, qu’une substance des plus ordinaires, en l’occurrence l’acide ascorbique, que l’on trouve en abondance dans tous les fruits et légumes, peut fortifier la santé de toute la population et la prémunir contre la quasi-totalité des maladies tout en lui permettant de mieux lutter contre le vieillissement, toutes ces personnes verront immédiatement se profiler à l’horizon le spectre du chômage ou la dégringolade de leurs actions boursières.

          Alors, saisies de panique, elles ne pourront que rejeter avec mépris cette vérité bouleversante qui menace de les plonger dans la précarité. On aime son prochain, c’est une affaire entendue, à la condition toutefois qu’il ne vous retire pas le pain de la bouche en prétendant se passer de vos services.

          Mais voyons de plus près qui fut Linus Carl Pauling, ce grand fauteur de troubles.

          Il naquit le 29 février 1901, à Portland, dans l’Oregon. Il y vivait avec son père, qui était – ô ironie ! – représentant en produits pharmaceutiques. Mais son père décéda alors que Linus n’était âgé que de neuf ans. Aussi le jeune garçon dut-il très tôt prendre sa destinée en mains, ce qui eut l’avantage de lui conférer une maturité précoce. D’une curiosité insatiable, il passait la majeure partie de son temps à lire et accumulait ainsi des connaissances sur toutes sortes de sujets. Mais il ne se contentait pas du savoir livresque et cultivait ses dons d’obser­vation de la nature en collectionnant insectes et minéraux.

          Il fit ses études primaires et secondaires à Portland puis il entra en 1917 au Collège d’État de l’Oregon. C’est à Corvalis, toujours dans l’Oregon, au Stade Agricultural College, qu’il étudia la chimie de 1919 à 1922, année où il obtint son doctorat ès sciences en chimie industrielle. (Ce collège est aujourd’hui l’Oregon State University.) C’est alors qu’il partit s’inscrire au California lnstitute of Technology (C.I.T.) de Pasadena où il décrocha en 1925 un doctorat en chimie. Marié et père d’un petit garçon, Pauling passera les deux années suivantes dans des laboratoires européens, à Munich, Copenhague, Zurich et Londres, ce qui lui permettra de rencontrer de nombreux scientifiques éminents, dont notamment les physiciens Niels Bohr et Erwin Schrödinger.

          Il revient aux États-Unis en 1927 et réintègre le C.I.T. comme professeur de chimie théorique. Par la suite et durant vingt-deux années, de 1936 à 1958, il y sera titulaire de la division chimie et ingénieur en chimie, tout en occupant parallèlement le poste de directeur du laboratoire de Gates & Crellin. Il restera attaché à l’Institut jusqu’en 1963.

          Linus Pauling et son épouse Eva Helen Miller eurent quatre enfants : trois garçons et une fille. Malheureusement, Eva Helen décéda en 1981, après 58 ans de mariage.

             Linus Pauling obtint son premier prix Nobel en 1954, pour ses travaux sur les liaisons chimiques, l’électronégativité et la structure moléculaire. Mais sa curiosité était sans limites et il se passionna pour une foule de disciplines, telles que, entre autres, l’anesthésie, la biologie, la cristallographie, l’immunologie, la médecine, la mécanique, la minéralogie et, naturellement, l’évolution des espèces.

           C’est sa théorie sur la loi de résonance qui le rendit célèbre dans le monde entier. Fondateur de la biologie moléculaire, il fut le premier, grâce à ses travaux sur le sang, à identifier (en 1949) une anomalie de la structure moléculaire de l’hémoglobine responsable d’une maladie héréditaire, la drépanocytose (ou anémie falciforme). Car le souci de la santé humaine ne le quitta jamais, et l’on peut même dire qu’au cours de ses recherches dans les domaines les plus divers, il ne perdit jamais de vue les applications possibles aux problèmes de santé. C’est ce qui l’amena tout naturellement à s’inquiéter des conséquences nocives du rayonnement des particules radioactives et il entama un formidable combat pour faire stopper les essais nucléaires. Il jeta dans la balance tout le poids de sa notoriété internationale et mobilisa les milieux scientifiques contre les gouvernements et les militaires. Ses qualités d’orateur lui furent alors de la plus grande utilité. Dans toutes ses interventions publiques, il savait retenir l’attention des auditeurs grâce à son charisme et à une voix remarquable aux intonations captivantes. La vaste culture dont il disposait augmentait encore l’impact de ses discours. Nous verrons plus loin ce qui résulta de cette formidable bataille qu’il mena pour l’avenir de l’humanité.

          On doit à Pauling plusieurs découvertes. La plus importante porta sur les liaisons chimiques. Il fit plus de 350 observations qui firent progresser considérablement la science : la structure des cristaux par rayons X, l’électronégativité, le ferromagnétisme, la structure des protéines, etc.

           Attardons-nous un instant sur l’électronégativité, dont la dénomination est due à Pauling lui-même. Ce terme désigne la tendance d’un atome à capter un électron. Tous les atomes ont leur propre niveau d’électronégativité et cette attirance forme des nouveaux composés qui expliquent l’existence des liaisons chimiques. Telle est la théorie de Linus Pauling :

           « Dans le cas d’une molécule d’HCl, le chlore est plus électronégatif que l’hydrogène qui attire davantage les électrons de la liaison ; il en résulte que le barycentre des charges négatives de la molécule, déplacé vers l’atome Cl, ne coïncide pas avec celui des charges positives, déplacé vers l’atome H ; la molécule est polaire, ce qu’on peut représenter par le schéma H -> Cl, la flèche indiquant le sens du déplacement des électrons de liaison. » (Le livre des connaissances, Encyclopédie Grolier, vol. 12, Montréal, 1985.)

          En 1819, le chercheur Berzelius s’était rendu célèbre par sa théorie sur l’électrochimie, et ses observations ouvrirent la voie vers les liaisons dualistiques. Et c’est entre 1923 et 1926 que la théorie sur les électrons de valence fut élaborée grâce aux travaux de plusieurs chimistes (Lowry, Lapworth, Robinson, Ingold, Arndt, Eitert, Lucas) complétés par ceux de Pauling, qui clarifia pour sa part les comportements chimiques des molécules. « Il a défini un modèle de chaînes peptidiques dans deux états appelés A et B. Dans l’état A, la chaîne est enroulée en hélice ; dans l’état B, elle est dépliée en formant un zigzag régulier (feuillet) ». (Informations recueillies par Corinne Boisvert, Centre Le Goéland, Sherbrooke, QC.)

         C’est en 1931 que Pauling donne sa publication la plus célèbre : The Nature of the chemical bond, suivie en 1935 par cet autre ouvrage : Introduction to quantum mechanics, dans lesquels il utilise les principes de la mécanique quantique pour expliquer la structure des molécules. Dans les années 40, Pauling va appliquer son savoir à la compréhension des systèmes biologiques et son travail sera couronné en 1954 par le prix Nobel de chimie. C’est en étudiant les protéines et les aminoacides qui les composent qu’il va élaborer les deux modèles de structure secondaire pour des chaînes polypeptidiques dont il est parlé plus haut : le feuillet b et l’hélice a. (Cette configuration inspirera les recherches sur l’ADN des biochimistes James Watson et Francis Crick.)

          Mais revenons à son action extraordinairement courageuse pour l’arrêt des essais nucléaires, qui lui valut, comme l’on s’en doute, de puissantes inimitiés. Plus que quiconque attentif au développement harmonieux de la vie planétaire, ce grand esprit ne pouvait qu’être indigné par la désinvolture que les responsables scientifico-militaires affichaient dans la prolifération des armes atomiques et le programme démentiel d’expériences dangereuses que celle-ci entraînait. Conscient de l’accumulation dans l’atmosphère des poussières radioactives qui risquaient de compromettre de façon irréversible la santé des générations futures, Pauling se dépensa sans compter pour alerter vigoureusement l’opinion publique mondiale et il présenta aux Nations Unies, en 1958, une pétition contre les essais nucléaires signée par plus de 11.000 scientifiques. Son action décisive fut récompensée en 1963 par un second prix Nobel, le prix Nobel de la Paix.

          Linus Pauling rejoint alors le Center for the Study of Democratie Institutions de Santa Barbara (Californie), afin d’y défendre ses conceptions politiques.

          Au cours des dix années suivantes, il enseignera à l’Université de Californie de San Diego et à l’Université Stanford. Puis il deviendra en 1973 le directeur du Pauling Institute of Science and Medecine où il travaillera jusqu’à la fin de sa vie.

          C’est au cours de ces années 70 qu’il va entreprendre son ultime combat pour la santé des hommes, un combat qui semble au départ tout à fait anodin, puisqu’il s’agit seulement de promouvoir l’utilisation des vitamines, et plus particulièrement de la Vitamine C. Et c’est pourtant ce combat qui va lui valoir les plus grandes adversités, plus féroces encore que celles qui s’étaient manifestées au cours de son action pour l’arrêt des essais nucléaires, ce qui paraît démesuré. Aussi est-on obligé d’en conclure que Pauling s’est attaqué à des intérêts colossaux, car la force même de l’opposition qu’il va rencontrer prouve qu’il a touché juste et que ses travaux risquent d’ébranler la toute-puissance de l’industrie médicalo-pharmaceutique qui a confisqué la santé humaine sur toute la surface du globe.

          Pauling n’a jamais prétendu être le premier à s’être intéressé à la Vitamine C, et il s’est penché avec la plus grande attention sur les travaux de ses prédécesseurs. Mais c’est lui qui donnera la plus grande diffusion possible aux bienfaits que l’on peut attendre de l’acide ascorbique, l’un des constituants essentiels des fruits et légumes frais, dont on commence (enfin !) à recommander aujourd’hui sur nos petits écrans une plus grande consommation. Il y a pourtant près de trois siècles que la consommation de citrons devint réglementaire sur les vaisseaux des marines royales de France et d’Angleterre, afin de lutter contre le scorbut, maladie courante chez les marins au long cours privés durant des semaines ou des mois de fruits et légumes frais.

         Le scorbut peut d’ailleurs être considéré comme la première maladie dégénérative par avitaminose. (On sait depuis longtemps que les agrumes – citrons, oranges, pamplemousses, mandarines – sont relativement riches en Vitamine C. Rappelons, pour fixer les idées, qu’une orange de 100 g (peau enlevée) contient 55 mg d’acide ascorbique. Mais la petite cerise mexicaine acérola en contient 1.745 mg pour 100 g de fruit, ce qui en fait la source championne de Vitamine C naturelle. On descend très vite après vers la goyave avec 275 mg pour 100 g, puis le persil avec 170 mg et le cassis avec 160 mg. Mais il ne faut pas oublier une source européenne qui mériterait d’être mieux exploitée : il s’agit de la baie d’églantier – cet ancêtre sauvage de nos superbes roses -, qui n’en contient pas moins de 1.250 mg pour 100 g : deuxième sur le podium !)

        Parmi les pionniers dans le domaine de la recherche, il faut citer Albert Szent-Györgyi, qui reçut en 1937 le prix Nobel pour ses travaux sur la Vitamine C, qui est une combinaison de carbone, d’hydrogène et d’oxygène. Linus Pauling, après de nombreuses observations et expérimentations, parvint à la conclusion que la Vitamine C produit dans l’organisme des regains d’énergie (happy effects). Il découvrit que cet acide inhibe l’action de certains virus. Lorsqu’il publia le résultat de ses recherches, peu de médecins et de scientifiques lui accordèrent leur confiance et certains le critiquèrent de multiples façons, tantôt l’accusant de plagiat, tantôt contestant les effets de l’acide ascorbique.

         Des revues scientifiques comme Science ou National Academy of Sciences refusaient de publier ses communications sur le sujet. Mais Pauling ne se laissa pas influencer et se lança dans des essais effectués sur des patients. Il s’associa avec le Dr Ewan Cameron et ils effectuèrent ensemble de nouvelles recherches. Ils constatèrent que des doses importantes de 20 à 30 grammes de Vitamine C par jour pouvaient prolonger de 300 jours la vie de cancéreux condamnés. Loin de décourager Pauling, les critiques et les contestations ne firent qu’exciter son désir de prouver la réalité des bienfaits de la Vitamine C. Lorsque le Dr Charles Moertel, de la clinique Mayo, affirma que la Vitamine C n’était pas un moyen thérapeutique de traiter le cancer, Pauling consacra encore plus de travail et d’énergie à réunir informa­tions et preuves pour soutenir sa théorie, tout en publiant des ouvrages qui portèrent le débat auprès du grand public. Il publie en 1970 : Vitamine C and the Common Cold, (La Vitamine C et le coup de froid banal), livre dans lequel il affirme qu’il suffit d’absorber 1 gramme de Vitamine C par jour pour éviter tout rhume de cerveau (ce qu’il a vérifié par expérience dans sa propre famille), livre qui déclenchera une véritable levée de boucliers. Il fait paraître en 1979 : Cancer and Vitamine C, (en collaboration avec Ewan Cameron) et en 1986 : How to live longer and feel better. Dans ce dernier ouvrage (Comment vivre plus longtemps et en bonne santé), il confirme les travaux de nombreux autres chercheurs et fait de la vitaminothérapie le moyen idéal de prévention des maladies et de résistance au vieillissement.

         Linus Pauling avait eu connaissance des travaux de deux psychiatres canadiens, Hoffer et Osmond, qui soutenaient que des doses massives de Vitamine C étaient bénéfiques aux malades souffrant de schizophrénie. Pauling expliquera plus tard : « Cela m’a intrigué. J’étais fasciné par l’idée que ces substances, que l’on prend généralement à doses infimes, pouvaient avoir des effets favorables sur la santé lorsqu’on en ingérait des quantités 100 à 1.000 fois plus élevées. »

        La nutrition était encore pour lui une discipline presque inconnue. Toujours animé de la formidable curiosité intellectuelle qui caractérisa toute sa vie, il se plonge résolument dans la volumineuse littérature scientifique consacrée aux vitamines. « Je me suis procuré les articles originaux, pour voir ce que les chercheurs avaient eux-mêmes observé. Pas ce qu’ils avaient conclu, mais ce qu’ils avaient observé et rapporté. À ma grande surprise, j’ai trouvé un grand nombre de preuves pour soutenir l’idée que des doses importantes de vitamines pouvaient être utiles sur le plan clinique. » Mais une intervention d’un autre scientifique va représenter dans sa démarche une étape décisive.

         À New York, en mars 1966, des dizaines de chercheurs sont réunis dans la salle de réception d’un grand hôtel de Manhattan pour assister à la remise de la médaille Carl Neuberg, qui va récompenser l’un d’eux. Le lauréat est un homme grand et mince aux cheveux grisonnants qui est venu tout exprès de Californie : Linus Carl Pauling. Il est connu de tous et le silence s’établit lorsqu’il monte sur l’estrade pour prendre la parole. Il racontera plus tard :

         « J’ai parlé des nombreuses découvertes scientifiques remarquables qui avaient été faites au cours des 50 dernières années – et qui continuent d’être faites, bien sûr – et j’ai poursuivi en disant que j’espérais vivre assez longtemps pour savoir ce qui serait découvert au cours des 15 ou 20 années à venir. Un mois plus tard, j’ai reçu une lettre d’un biochimiste, Irwin Stone, qui avait assisté à la soirée de New York. Apparemment, ce que j’avais dit sur mon désir de vivre 20 années de plus l’avait touché : dans sa lettre, il me disait qu’il aimerait me voir rester en bonne santé non pas 15 ou 20, mais 50 années de plus ! Il me donnait la description d’un régime à base d’acide ascorbique à hautes doses, qu’il avait mis au point au cours des 30 années précédentes, et me disait que si je prenais des quantités importantes de Vitamine C, ma santé s’en trouverait améliorée. Pour étayer ses préconisations, il joignait les copies de 4 articles de recherche qu’il avait publiés récemment sur les liens entre Vitamine C et santé. (…) Je n’y croyais pas, mais j’ai lu ses articles, et j’ai trouvé qu’ils avaient du sens. Et, bien sûr, ma femme et moi-même avons commencé de prendre des doses importantes de Vitamine C… trois grammes par jour, ce que le docteur Stone avait recommandé… »

          Chez les Pauling, les effets du régime recommandé par le Dr Stone ne tardent pas à se faire sentir. C’est une impression de bien-être et de bonne forme permanente. Mais les Pauling constatent bientôt avec étonnement que les rhumes dont ils étaient fréquemment victimes ont totalement disparu.

            Ici, je me permets d’introduire un témoignage personnel : Je n’ai jamais été très sujet aux rhumes, mais j’en avais tout de même dans ma jeunesse à peu près un par hiver, comme beaucoup de gens. Ayant été informé, il y a environ trente ans, des vertus de l’acide ascorbique, je pris l’habitude, lorsque j’attrapais un rhume ou une grippe, de consommer aussitôt 4 ou 5 comprimés par jour de Vitamine C de synthèse achetée en pharmacie (la naturelle est évidemment préférable, mais on n’en trouvait pas facilement à l’époque), et cela pendant deux ou trois jours, généralement suffisants à faire disparaître l’affection. Je précise que je n’ai pas consulté de médecin depuis 50 ans exactement (c’est ce que j’appelle mes « noces d’or » avec la santé) et de toute manière, dans ma famille, personne n’aurait eu l’idée saugrenue de voir un médecin pour une simple grippe. Or, non seulement mes rhumes ou grippes se résorbaient rapidement, mais je constatai que les récidives étaient de plus en plus espacées et il m’arriva de passer une année entière sans le moindre rhume. Je pris alors l’habitude de consommer de l’acide ascorbique de manière constante, soit 1 ou 2 grammes par jour. Je dois dire aussi que depuis une quarantaine d’années, mes boissons de table habituelles sont le jus de carottes au déjeuner et un mélange orange et citron pressés au dîner, sans parler d’une consommation importante de tomates, salades et fruits. Je ne boude pas pour autant l’excellent vin ou le champagne, mais je les réserve aux agapes exceptionnelles entre amis ou au restaurant. Désormais, je n’ai pratiquement jamais de rhumes et ma dernière grippe remonte à vingt ans au moins. Aussi n’ai-je pas besoin de vous dire que lorsque j’eus connaissance des ouvrages de Linus Pauling et des critiques de médecins insinuant qu’il perdait les pédales, j’en déduisis qu’eux-mêmes ne les avaient jamais trouvées.)

         Linus Pauling tira donc profit des conseils d’Irving Stone, lui-même chimiste. Il faut dire que celui-ci, ainsi que les docteurs Junbeblut, Boissevain, Spilane, Klenner, parvinrent à guérir, avec des doses adéquates de Vitamine C, la plupart des maladies bactériennes ou à virus : hépatites, herpès, diphtérie, dysenterie, poliomyélite, tétanos, tuberculose, typhoïde, etc.

         C’est pourtant l’agressivité d’un contradicteur qui allait transformer Pauling en grand spécialiste de l’acide ascorbique. En 1969, Pauling est invité à prendre la parole au Mount Sinai Medical School de New York, devant un parterre principalement composé de médecins. Il commence par traiter plusieurs questions d’actualité, puis se lance dans un exposé convaincant sur l’intérêt que présente la Vitamine C pour la prévention du rhume, cette maladie éphémère et bénigne mais cependant très ennuyeuse et qui, lorsqu’elle se déclare fréquemment, témoigne de la fragilité du système immunitaire de l’intéressé. Peu après cette réunion, Pauling reçoit une lettre très agressive de l’un des médecins qui assistaient à la conférence. Celui-ci accuse Linus Pauling de « soutenir les charlatans des vitamines qui saignent le public américain de centaines de millions de dollars par an. » (Il oublie évidemment les autres centaines de millions de dollars dépensés en médicaments anti-rhumes d’une totale inefficacité. Il oublie aussi, ou ignore, que grâce aux compléments alimentaires et aux vitamines, des millions d’Américains ont pu réduire leur consommation de tranquillisants et de médicaments de toutes sortes. Les Américains consomment aujourd’hui (par habitant) deux fois moins de médicaments que les Français.)

       Cependant, il ajoute : « Pouvez-vous me montrer une seule étude en double-aveugle qui montre que la Vitamine C a plus de valeur qu’un placebo pour combattre le rhume ? » Pauling avoue loyalement qu’il ne peut en effet produire de telles études, car il n’a pas vraiment fait les recherches nécessaires dans la littérature scientifique. Mais il a été piqué au vif, et ce défi le tarabuste. Il racontera plus tard :

       « Je me suis occupé d’autre chose au cours des deux ou trois mois qui ont suivi, mais je n’arrêtais pas de penser à cette histoire. Finalement, je me suis plongé dans la littérature scientifique, et j’ai trouvé six études en double-aveugle qui montraient que la Vitamine C a plus de valeur qu’un placebo. »

       Après quoi Pauling reprend la plume et informe le médecin new-yorkais qu’il a trouvé plusieurs études à l’appui de ses thèses sur la Vitamine C, dont une étude suisse de 1961, signée d’un nommé Ritzel. Son contradicteur lui ayant répondu qu’il n’avait pas le temps de rechercher cette étude (car, apparemment, il avait le temps de contester fortement mais pas de vérifier la validité de ses propres critiques), Pauling ne le lâche pas et lui en adresse une copie : l’expérience, qui s’est bien déroulée en double aveugle, a été effectuée avec un groupe de 279 garçons.

       Les suppléments de Vitamine C ont amené une réduction de 45% de la fréquence des rhumes et de 60% du nombre de jours de maladie.

       La mauvaise foi de son interlocuteur éclate alors à l’évidence : « Je ne suis pas impressionné par le travail de Ritzel », réplique le médecin sans plus de fioritures. Pauling répond du tac au tac : « Je ne suis pas impressionné par le fait que vous ne soyez pas impressionné par le travail de Ritzel. » Quelques jours plus tard, le médecin new-yorkais se manifeste à nouveau. Il a tout de même examiné l’étude pour y chercher une faille et il annonce triomphalement que Ritzel n’a donné ni l’âge ni le sexe des participants à son expérience. Par retour du courrier, Pauling affirme que c’est faux. Une semaine passe et le médecin revient à la charge et prétend tirer argument du fait que les participants à l’étude étaient logés dans deux camps de ski, que la Vitamine C a pu être donnée à tous les membres d’un même camp cependant que le placebo était réservé aux membres de l’autre camp et que peut-être les camps n’étaient pas identiques, ce qui aurait faussé le résultat.

       Agacé et désireux de clore cette polémique, Pauling prend contact avec Ritzel et lui demande des précisions. Celui-ci lui apprend que son contradicteur, du nom de Victor Herbert, est un nutritionniste qui a réalisé des travaux importants sur la vitamine B9, mais qui a finalement adopté une attitude de rejet systématique des compléments nutritionnels et qu’il n’est guère constructif de discuter avec lui.

        Toutefois, Pauling ne lui en tint pas rigueur et conclut de cette façon : «Ce type m’a tellement irrité que je me suis dit que je devais faire quelque chose. Alors je me suis assis à mon bureau un été, et en l’espace de deux mois j’ai écrit un livre, « Vitamin C and the Common Cold. »»

        Mais ce contradicteur fut loin d’être le seul, et bien d’autres médecins, dont quelques-uns éminents, continuèrent et continuent de rejeter en bloc les théories de Pauling.

       Eh quoi ?! me diront certains, en se drapant dans leur dignité offensée, osez-vous imaginer que tous ces soignants dévoués au bien public puissent être disposés à mentir effrontément dans le seul but de préserver des intérêts sordides ?

       Non, ce n’est pas aussi simple, et le cerveau humain ne manque pas de ressources afin de se donner bonne conscience. Un peu de psychologie élémentaire suffit à analyser le processus. Tout individu de l’espèce homo sapiens est une société de cellules qui comporte environ 80.000 milliards de « citoyens ». Un organe, le cerveau, exerce le gouvernement. Ce gouvernement, comme n’importe quel autre, est constitué de parlementaires, de fonctionnaires et de ministres dont chacun s’acquitte d’une tâche précise, avec plus ou moins de compétence et de bonheur, non sans discuter, suggérer, interpréter, contester, dévier ou dériver. Aussi arrive-t-il assez fréquemment qu’ils tirent à hue et à dia, en fonction de leurs tempéraments, de leurs convictions, de leurs habitudes, etc. L’un des postes les plus importants d’un gouvernement est, nul ne l’ignore, celui de ministre de l’Économie et des Finances, et il est très rare qu’un autre ministre, et même le Premier, voire le Président lui-même, puisse passer outre à ses recommandations.

       Dans un être humain, ce « ministre » existe aussi et exerce un rôle identique : il est celui qui doit veiller coûte que coûte à la prospérité relative du corps tout entier. Et si un concurrent, voire une simple idée nouvelle, lui semble de nature à mettre en danger la situation économique et la position sociale de l’organisme, il va immédiatement inciter le « gouvernement » (qui se nomme « Je » ou « Moi » dans un individu) à écarter par tous les moyens ce danger potentiel, au besoin en sacrifiant tous les principes moraux officiellement révérés, cela au nom de la « raison d’État ».

      Bien sûr, à l’échelle d’une personne, la raison d’État s’appelle autrement. On peut lui donner différents noms : instinct de conservation, préservation des acquis, exclusivité d’un territoire, ou encore, plus philosophiquement, vouloir-vivre (Schopenhauer) ou volonté de puissance (Nietzsche). Mais en tout état de cause, on peut être assuré qu’aucune considération éthique ne résistera bien longtemps à l’énorme pression de cette « raison d’être ».

       La recherche de la connaissance, la passion de la vérité, l’amour de la justice, si sincères qu’ils puissent être en situation sécurisée, seront balayés comme fétus de paille si l’individu soupçonne que cette connaissance, cette vérité, cette justice pourraient aboutir à remettre en cause son statut, son prestige et ses intérêts. C’est pourquoi vous ne pourrez jamais convaincre un cardinal que Dieu n’existe pas, même s’il a fini par s’en douter. Parce que toute sa vie et toute sa carrière ont été bâties sur ce concept. Y renoncer serait pour lui un suicide social. Il lui faudrait brûler ce qu’il a adoré, jeter à la corbeille toutes ses homélies, accepter la honte du renégat et voir se détourner de lui ses pairs, ses amis, sa famille tandis qu’il plongerait lui-même dans le gouffre sans fond de l’asocial et de l’exclu. Impossible ! À moins d’être un héros ou un fou, personne au monde ne fait cela.

       Et, bien entendu, il en est de même des pontifes de la médecine et des cancérologues installés. Les voyez-vous abandonner du jour au lendemain leurs dogmes et leurs certitudes, jeter à la décharge municipale leurs appareils sophistiqués de radiothérapie et aux orties leurs protocoles compliqués de chimiothérapie, qu’ils peaufinent et perfectionnent depuis des lustres avec une conscience professionnelle digne de tous les éloges ? Et tout ça parce qu’un franc-tireur imaginatif aurait découvert qu’avec un simple concentré de jus de cerise acérola on pouvait réussir bien mieux et sans douleur ce qu’ils ratent deux fois sur trois après avoir mis en batterie tout le diable et son train ? Comprenez-bien qu’il leur est viscéralement impossible de l’admettre. C’est comme si le sol se dérobait sous leurs pas. Toute une vie d’études et de labeur acharné anéantie parce qu’un hurluberlu qui n’est même pas médecin ose se mêler de ce qui ne le regarde pas ? Impensable ! Intolérable ! Inacceptable !

      Faut-il voir dans ce rejet malhonnêteté, trahison, félonie ? Que nenni, messeigneurs ! Je vous le dis : la conscience, la probité, la rigueur morale résident dans le néo-cortex, qui est la plus récente création de la biologie naturelle. C’est un organe encore bien jeune, peu enraciné et mal arrimé. Comment pourrait-il résister à la tempête psychique qui se déchaîne dans le cerveau du grand professeur, ce cardinal de la médecine, lorsque soudain l’un de ses étudiants, peut-être même une simple infirmière, lui déclare ingénuement : « Vous connaissez Linus Pauling, le grand savant américain ? Il prétend qu’avec la Vitamine C en forte quantité on met le cancer en échec ! » C’est un cyclone, un tremblement de terre, un raz-de-marée qui submergent les méninges du pauvre professeur. Terrassé, son néo-cortex tombe en syncope et laisse le pouvoir vacant.

      Alors, surgissant du fond des âges, le cerveau reptilien, qui assura vaillamment durant des millénaires la survie des ancêtres, ce fauve tapi dans l’ombre et jusque-là péniblement tenu en laisse, rompt ses chaînes et se précipite aux commandes en hurlant : Aux armes ! La patrie est en danger ! Pauling ne passera pas !

      J’entends bien les sceptiques douter de mon bon sens : « Allons, vous n’y songez pas ! Ces intellectuels, ces universitaires, ces hommes de culture et de moralité retourneraient soudain et tous ensemble aux instincts primitifs de l’homme de Neandertal ? Vous vous moquez du monde ! Quand bien même cela serait l’attitude des plus nombreux, ce qui est déjà incroyable, voudriez-vous nous faire admettre qu’il ne s’en trouverait pas quelques-uns, et ne serait-ce qu’un seul, pour ne pas loyalement étudier la question ? »

     Certes, il s’en trouvera, je ne dis pas le contraire, mais rarissimes assurément, et saisis par l’anxiété, soucieux de vérité mais craignant malgré eux que le novateur ait raison. Ils s’ouvriront alors à leurs collègues et à leur entourage de leurs doutes et de leurs interrogations. Et qu’adviendra-t-il ? On se moquera, on ironisera, on s’indignera même. « Voyons, cher ami, un homme de votre savoir et de votre expérience ! Songez-vous véritablement à prendre ce Pauling au sérieux ? Il déraille, c’est évident. C’est un scientifique renommé, soit, mais dans sa spécialité. Ce n’est pas un médecin et il s’aventure imprudemment hors de son domaine. Alors, l’acide ascorbique ferait des miracles ? « Si c’était vrai, ça se saurait ! » Et vlan ! L’argument imparable est lâché. Le scrupuleux, déjà mal assuré de lui-même, est aussitôt désarçonné. Il se sent soudain ridicule. « Mais oui, suis-je bête ! Ils ont raison évidemment : Si c’était vrai, l’un d’entre nous s’en serait aperçu ! »

     Ah oui ? Et comment cela ? Depuis quand les médecins traitants sont-ils des chercheurs ? Et qui donc a une chance de trouver ce qu’il ne cherche pas, ce qu’il n’a aucune envie de chercher ? La vocation d’un médecin est de soigner, de son mieux sans doute, mais avec ce qu’il a sous la main. Quand aux chercheurs des laboratoires, leur objectif est de trouver des molécules nouvelles coûteuses et brevetables. C’est ainsi qu’ils justifient leur salaire et leur emploi. Qu’ont-ils à faire d’une substance que l’on trouve partout et qui ne rapporte rien ? À peine oseraient-ils en parler que leur patron les mettrait à la porte.

     Cependant, le scrupuleux professeur est rentré dans le rang. Il ne peut pas se désolidariser de son milieu professionnel. Il ne peut pas prendre le risque de devenir un marginal, d’être montré du doigt par ses confrères. Ses patients eux-mêmes ne le prendraient plus au sérieux. Il fait taire ses doutes et se rassure : « Les collègues ont raison, Pauling perd les pédales ! » et il se rendort sur ses deux oreilles. Ainsi va le monde. Que voulez-vous : la mort fait vivre ; tous les fossoyeurs vous le diront.

     Le rôle de Linus Pauling fut donc déterminant dans l’intérêt porté à la Vitamine C de par le monde. Et malgré toutes les obstructions que tenta le « tyrannosaure » médico-pharmaceu­tique pour minimiser les effets bénéfiques de l’acide ascorbique, les livres de Linus Pauling, en touchant directement le grand public, assurèrent la popularité de cette vitamine.

     Linus Pauling a bien combattu jusqu’à son dernier souffle, mais les adversaires de la Vitamine C n’ont pas désarmé pour autant. On ne peut tout de même pas tolérer qu’une simple vitamine mette en péril l’exploitation si prospère de la maladie, qui assure revenus confortables et insigne prestige à toute une cohorte d’éminents cerveaux, dont l’incontestable intelligence – à défaut de rigueur morale – peut ainsi briller de tous ses feux. Mais comment s’y prendre pour marginaliser ces vitamines dérangeantes, dont il est à peu près impossible, grâce à Linus Pauling et autres, de nier les effets bénéfiques sur nos organismes ? Tous les maîtres des sports de combat vous diront que lorsque l’adversaire est plus fort que vous, la seule tactique efficace est d’utiliser sa force pour le placer en situation de déséquilibre. C’est cette tactique qui fut mise en œuvre par les ennemis de la Vitamine C, avec une efficacité redoutable. Au lieu de s’escrimer à prétendre qu’elle n’avait « pas plus de valeur qu’un placebo », ce qui revenait à nier l’évidence et n’était plus crédible, ils reconnurent au contraire qu’elle était bénéfique, mais ils s’appliquèrent aussitôt à en déterminer les dosages utiles assortis de la fameuse formule « ne pas dépasser la dose prescrite », laquelle dose prescrite est une supplémentation si légère qu’elle n’a aucune chance de vous aider à lutter contre quelque maladie que ce soit. Et ça marche !

     Ainsi ai-je pu constater moi-même avec stupéfaction, en janvier 2004, que le pharmacien de mon quartier – homme au demeurant fort sympathique et que je crois honnête ­recommandait à un client qui lui achetait de la Vitamine C effervescente dosée à 1.000 mg par comprimé : « N’en prenez pas plus d’un par jour ! », conseil qui a dû faire se retourner dans sa tombe Linus Pauling et bien d’autres, qui savaient parfaitement qu’il ne peut pas y avoir de survitaminose avec l’acide ascorbique. Certes, ce client n’avait pas l’air malade et ne cherchait sans doute qu’un complément alimentaire, ce que peut effectivement représenter un gramme quotidien. Mais le conseil donné par « l’homme de l’art » n’en laissait pas moins entendre clairement qu’il pouvait y avoir danger à prendre plus d’un gramme quotidien, ce qui est radicalement faux. Or, mon pharmacien (auquel je n’achète que du dentifrice et de l’alcool à 90°) n’a certainement pas inventé cela lui-même, à preuve qu’il ne disait rien de tel dans les années précédentes. Je le sais d’autant mieux que lorsque je ne trouvais pas d’extraits de cerise acérola, je lui achetais dix tubes de comprimés d’un coup sans qu’il fasse la moindre remarque. Il a donc reçu récemment instruction de le dire, comme tous ses collègues sans doute. Instruction donnée par qui ?, sinon par les fabricants de médica­ments dont il est revendeur, et qui n’ont évidemment aucun intérêt à ce que les consommateurs de médecine se portent mieux grâce à la Vitamine C. De sorte que cette politique malhonnête aboutit en fin de compte à confirmer la valeur prophylactique de l’acide ascorbique, ce dont ne prendront évidemment conscience que les personnes vigilantes et réfléchies.

     Il faut toutefois noter que certains individus, assez rares, peuvent ne pas bien supporter des doses importantes d’acide ascorbique (très supérieures à un gramme par jour), souvent en raison d’une pathologie ou d’un déséquilibre de leur métabolisme. Mais dans ce cas ils arrêtent ou diminuent d’eux-mêmes la prise sans que celle-ci ait pu leur causer un dommage, sinon une diarrhée passagère. Certaines personnes peuvent également ressentir de l’acidité gastrique, causant des éructations et des aigreurs d’estomac. C’est généralement parce qu’elles ne boivent pas assez. Car les extraits de cerise acérola sont de véritables concentrés de fruits déshydratés. Il est donc important de boire au moins 1 litre et demi d’eau plate chaque jour, voire un peu plus.

     On peut également diminuer la prise mais ne pas y renoncer complètement, car l’acide ascorbique améliore précisément nos métabolismes vitaux. Il participe à l’élaboration du collagène, du cartilage osseux, de la peau, des artères et de bien d’autres éléments corporels. On a constaté que la Vitamine C améliore la vision, notamment chez le sujet âgé. En outre, contrairement à une idée répandue, elle favorise le sommeil, parce qu’elle diminue le stress et favorise la détente. Elle facilite l’assimilation des protéines et l’absorption du fer ainsi que la production d’insuline et piège les radicaux libres, qui sont responsables de destructions cellulaires. C’est un véritable régénérateur qui régularise la digestion, équilibre le cholestérol et favorise nettement la résistance à de nombreuses maladies : athérosclé­rose, hypertension, diabète, hémorroïdes. Elle demeure enfin le meilleur médicament naturel contre la grippe, avec 4 à 5 grammes par jour jusqu’à disparition du mal, qui lui résiste rarement plus de trois jours. (Au sujet de la grippe, mon expérience personnelle me permet de donner ce conseil : la première journée de prise peut engendrer une amélioration immédiate qui ne doit pas conduire à interrompre le traitement, car il y a en ce cas menace de rechute. Il faut poursuivre la prise durant cinq jours ou plus, même si les symptômes et la fièvre ont disparu. Cela ne pourra que favoriser le retour de la pleine vitalité.)

     La nutritionniste Laure Pouliquen, s’inspirant d’une étude du Dr Pierre Corson, précise :

    «Nous savons maintenant que toute maladie et en particulier toute infection se traduit aussi par une augmentation des besoins en Vitamine C, de sorte qu’une banale grippe peut facilement entraîner, selon l’état des réserves du sujet, une subcarence ou une carence vraie. Ces deux facteurs, maladie et stress, peuvent donc être ajoutés à la longue liste des ennemis de la Vitamine C. Le mécanisme de leur action n’est pas le même pour tous mais le résultat final est identique. (…) Concernant les fumeurs, il faut savoir que chaque cigarette consomme 25 mg de Vitamine C, soit environ 200 mg par paquet, ces derniers doivent absolument augmenter leur prise de Vitamine C. (…)

     Lorsqu’une carence en Vitamine C s’installe progressivement, un vieillissement prématuré des tissus apparaît ainsi qu’une baisse de nos défenses immunitaires et une diminution de nos moyens physiques et de notre potentiel intellectuel, car la Vitamine C participe activement à tous les échanges biologiques de notre corps et permet à notre métabolisme d’utiliser les autres vitamines et les autres oligo-éléments nécessaires au maintien de notre bonne santé. La Vitamine C est un aliment quotidien aussi essentiel pour notre corps que l’air que nous respirons et l’eau que nous buvons. Lorsque l’eau et l’air que nous consommons sont pollués, notre organisme a besoin de quantités plus importantes de Vitamine C afin de lutter contre les toxiques qui empoisonnent notre organisme.»

      À dire vrai, la Vitamine C possède un éventail très large d’applications et chacun peut mesurer son efficacité contre la fatigue, le stress et les refroidissements. Certains chercheurs, médecins ou biologistes la préconisent même dans des patholo­gies gravissimes (ce qui n’exclut pas les traitements classiques, bien sûr). Par exemple, le Dr Archie Kalokerinos, auteur du livre Mort subite du nourrisson, conclut qu’une forte carence en Vitamine C est la cause de cette mort. Beaucoup de médecins, qui probablement n’ont pas lu son étude, s’étonnent qu’un bébé puisse être ainsi carencé. Mais ont-ils une autre réponse ? Car ces morts subites posent à la médecine un problème qu’elle n’a jamais résolu. On relèvera d’ailleurs que l’expression même « mort subite du nourrisson » est un aveu déclaré d’ignorance et d’impuissance, car cette formule ne définit aucune pathologie. Le bébé meurt sans que l’on sache pourquoi. Une prévention par apport de Vitamine C est donc probablement possible d’après les recommandations du Dr Kalokerinos.

    Dans une situation différente, un exemple concret de sauvetage émouvant témoigne de l’efficacité parfois spectaculaire de la Vitamine C : la fille du Dr Gilbert Crussol, alors âgée de 18 ans, frappée d’une double pneumonie, était tombée dans le coma. Son père la sauve avec une perfusion de 60 grammes de Vitamine C. Oui, vous avez bien lu : 60.000 milligrammes ! Je précise ainsi parce que les nombres figurant sur les tubes que vous achetez en pharmacie ou para pharmacie sont indiqués en milligrammes. Cela semble anodin, mais ce n’est pas dénué d’effet psychologique négatif. Les chiffres 500 ou 1.000 apparaissent en gros sur les emballages et persuadent l’acheteur qu’il s’agit de fortes doses. Mais c’est faux, puisqu’il s’agit de milligrammes. Et lorsque vous avez croqué une pastille de 500 milligrammes de Vitamine C, vous n’en avez évidemment absorbé qu’un demi-gramme, autant dire trois fois rien, et en tout cas une dose bien inférieure à ce qui serait nécessaire pour obtenir un effet thérapeutique, d’autant qu’il s’agit de vitamines de synthèse inférieures en qualité à la vitamine naturelle.

   Aussi ne peut-on s’empêcher de penser que ces indications données en milligrammes sont peut-être l’un des aspects d’une politique dissuasive visant à suggérer indirectement au consommateur qu’il ne doit pas absorber de doses prétendues « trop fortes », ce qui ne lui viendrait pas à l’idée si elles étaient exprimées en grammes.

     Mais ne versons pas dans la paranoïa et admettons que ces indications en milligrammes résultent simplement d’une transposition des proportions trouvées dans les agrumes. Il n’empêche que si les thèses de Pauling avaient été admises, on exprimerait en grammes sans timidité les supplémentations proposées.

     Relevons encore un autre résultat spectaculaire : Le Dr Cathcart raconte : « En 1974, lorsque ma fille Helen, alors adolescente, a été hospitalisée, car elle souffrait de la maladie de Hodgkin en phase « terminale » (stade 4B), j’ai décidé de lui faire prendre 40 grammes de Vitamine C par jour (526 mg/lb). Ses médecins étaient atterrés : « Vous allez la tuer ! » « Pas du tout », leur ai-je répliqué. Elle a rapidement guéri et, elle est aujourd’hui, 24 ans plus tard, en excellente santé. »

     Notons également que la Vitamine C intervient sur le système nerveux et l’on a remarqué qu’une baisse de l’attention et des difficultés de concentration et de mémorisation s’expliquent souvent par un manque de Vitamine C. Le stress consomme nos réserves à tel point que, durant son effet, nos besoins en Vitamine C sont doublés. La dépression et la confusion sont les premiers signes d’une carence en Vitamine C. Voyons maintenant quelques indications extraites de journaux spécialisés :

   «Les réserves de Vitamine C sont vite épuisées en cas de maladies, infections, ou choc traumatique. Différents travaux ont pu démontrer que des concentrations élevées en Vitamine C permettaient une meilleure mobilisation des globules blancs et des neutrophiles leur permettant ainsi de s’attaquer beaucoup plus facilement aux bactéries. La Vitamine C doit donc être largement utilisée dans toutes les infections, qu’elles soient dues à des bactéries, des virus, des champignons, des levures ou des parasites.» (…) «Il a été constaté que la prise de Vitamine C à raison de 8 g/jour pendant 8 jours seulement amène une réduction de 30% de l’acide urique sanguin. Elle peut donc être utilisée efficacement et sans arrière pensée dans la prévention et le traitement de la goutte.» (Médecines nouvelles n°95­4ème trim. 99)

    «D’après l’étude NHANES III portant sur 13.000 sujets, il existe une relation directe entre le faible taux de Vitamine C dans le sang et le risque de lithiase biliaire. Ce risque a spécifiquement été constaté chez la femme.» (Quotidien du médecin, n°6684 du 10 avril 2000.)

     Et pourtant, même des journaux favorables aux médecines douces et aux thérapies de terrain se laissent parfois influencer par la défiance officielle envers la vitaminothérapie et tombent à leur tour dans la politique des doses minimales qui sont pratiquement sans effet. À ce propos, je ne résiste pas au plaisir de reproduire ci-après des extraits d’une lettre adressée au sympathique magazine Alternative-Santé-L’Impatient (qui s’est malheureusement un peu trop éloigné de ce que fut L’Impatient fondé jadis par feu le Dr Henri Pradal). Cette mise au point lui était adressée par le chercheur indépendant François Martigny, spécialiste en nutrition et vitamines et disciple enthousiaste de Linus Pauling.

    Dans son n°280 de juillet-août 2001, le magazine publiait un dossier intéressant sur les anti-oxydants, mais ne s’éloignait pas de la version officielle des dosages infimes et inefficaces des fameux AJR (Apports Journaliers Recommandés). Or, ceux-ci n’ont guère d’autre utilité que de compenser quelque peu les carences de l’alimentation moderne, mais sont nettement insuffisants à la restauration d’une santé optimale. François Martigny écrivit notamment à la rédaction de la revue :

    «Abonné depuis de nombreuses années, j’apprécie dans l’ensemble votre journal, vos prises de positions courageuses et je le recommande à ceux qui recherchent un premier chemin vers une autre santé. Mais, dans votre dossier cité en référence, vous restez timidement dans le « médicalement correct » et vous servez ainsi la logique économique de l’industrie pharmaceutique plutôt que celle de la recherche de la vérité.

    «En effet, les recherches entreprises sur les vitamines depuis le début du XXe siècle laissent entrevoir une destinée bien différente à l’humanité maladive. Les multiples éléments pro-biotiques étudiés depuis cette époque ouvrent la voie royale à une véritable connaissance de nos besoins nutritionnels et permettent de mieux comprendre leurs effets prodigieux sur notre état de santé.

«Mais comment se nourrir sainement avec des aliments qui ne le sont plus ? Mal informés sur ce point crucial, vos lecteurs risquent de ne pas comprendre l’intérêt majeur des compléments alimentaires et d’être encore et pour longtemps de fidèles consommateurs de soins médicaux.

«Pourtant, vous pourriez contribuer utilement à faire connaître les travaux remarquables de ces très nombreux chercheurs méconnus : Irwin Stone, Boissevain et Spilane, Linus Pauling, les Dr W. Barlow, R.J. Shute, F. Klenner, Cheraskin, pour ne citer que quelques précurseurs. Comment ignorer une somme d’études aussi vaste ? (…)

   Les AJR sont ces quantités ridiculement basses que les instances officielles diffusent et imposent par tous les moyens à la planète entière. Le public n’y connaissant pas grand-chose, le tour est joué. Adieu les chiffres intéressants qui ont fait la notoriété des scientifiques et l’intérêt des vitamines !

   Un seul exemple tiré de votre article : Linus Pauling, ce savant génial dont vous dites si peu, et bien d’autres encore, recommandent au minimum de 1.000 à 3.000 mg/jour de Vitamine C et justifient bien davantage en cas de maladie.

   Or vous recommandez 60 à 100 mg/jour… C’est 10 à 30 fois moins que les sources que vous citez !

   Les travaux de Linus Pauling sur les vitamines sont désormais présentés comme des « erreurs scientifiques » dans les livres destinés à la jeunesse. (Voir Robert Pince, Copain des sciences, éd. Milan, 1999, p. 277) (…)

   La même remarque s’applique pour la vitamine E. En ce qui concerne la vitamine A, c’est encore plus simple: vous ne recommandez rien du tout. Les quantités que vous conseillez à vos lecteurs n’ont pratiquement aucun effet, et c’est d’ailleurs le but recherché par les laboratoires pharmaceutiques. On peut tout au plus attendre des AJR d’échapper aux maladies aiguës – la xérophtalmie, le scorbut ou l’infertilité, par exemple – mais l’effet sera quasiment nul sur le simple rhume, la cataracte, les maladies cardio-vasculaires ou le cancer. (…)

   La vraie révélation aurait été de dévoiler que la censure bloque efficacement, depuis près d’un siècle, toutes les nouvelles qui font concurrence à l’industrie pharmaceutique. Votre éditorial dit par exemple : « Les anti-oxydants pourraient prévenir certaines maladies graves. » Ce conditionnel induit un doute et occulte allègrement soixante années d’expériences ! Même prudence à propos de la vitamine E et de son effet préventif de l’athérosclérose, dans votre interview du Dr J. Pincemail qui déclare : «nous manquons encore de grandes études cliniques…» Comment ce médecin peut-il ignorer que cette démonstration a été faite, en 1933, par le Dr R. James Shute et ses deux fils, les Dr Evan V. Shute et Wilfrid E. Shute ?

   En juillet 2000, j’ai personnellement apporté à votre bureau un dossier de presse présentant les travaux du Dr Matthias Rath. Avec des produits qui associent judicieusement des vitamines et d’autres compléments alimentaires naturels, il a fondé les bases de la médecine cellulaire dont le but est de donner précisément à nos cellules ce dont elles ont besoin, Dans un contexte moins corrompu, la valeur de ses travaux et son enthousiasme à faire connaître ses résultats remarquables mériteraient bien un prix Nobel.» (…)

   Je souscris entièrement aux propos de François Martigny et j’espère ne pas avoir à faire figurer un jour le Dr Matthias Rath dans un énième volume des « savants maudits ». Pour l’heure, il combat vaillamment bec et ongles et diffuse mondialement ses thèses grâce à l’utilisation intensive d’Internet.

   Linus Carl Pauling était propriétaire d’un ranch en Californie, le « Big Sur », et c’est là qu’il rendit le dernier soupir le 19 août 1994, à l’âge de 93 ans. Officiellement, il mourut d’un cancer, et l’on imagine l’argument que le destin fournissait ainsi à ses détracteurs et à tous ceux qui contestaient que la Vitamine C puisse permettre la prévention du cancer. Quant à moi, je soutiendrai que, passé 85 ans, et a fortiori 90, personne ne meurt du cancer. On meurt tout bonnement de vieillesse et d’usure, surtout lorsqu’on a, comme Linus Pauling, travaillé toute son existence quatorze heures par jour à essayer de percer les secrets de la vie, dont une bonne partie passée à tenter de convaincre des imbéciles, ce qui est particulièrement épuisant.

  Quelle que soit la maladie qui traduise en dernier ressort la déchéance organique, son apparition témoigne seulement que l’on arrive au commencement de la fin, et que le système immunitaire n’est plus en mesure d’assurer pleinement son rôle. Pour franchir la dernière porte de sortie, une simple grippe peut faire l’affaire. D’ailleurs, l’avez-vous remarqué ?, aucun certificat de décès ne porte plus la mention « mort de vieillesse ». La médecine a systématiquement évacué la mort naturelle. On doit obligatoirement être mort « de quelque chose ». Même l’embarquement pour le dernier voyage a été médicalisé.

  Quoi qu’il en soit, Linus Pauling est éternel, car il demeure un des plus grands hommes du XXe siècle et ses livres n’ont pas fini de labourer les cervelles pour y faire lever les moissons futures de l’intelligence.

Du même auteur chez Guy Trédaniel Editeur :

«Savants maudits, chercheurs exclus», Tome 1.

«Savants maudits, chercheurs exclus», Tome 2.

«Savants maudits, chercheurs exclus», Tome 3.